Jean-Jacques Gauthier : artiste peintre-sculpteur
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"l'homme du coeur"

  C'est bien difficile de parler de Saint Cirq Lapopie, village extraordinaire longtemps classé "plus beau village de France", on ne sait jamais par quoi commencer car tout y est, ou presque, sublime.
  C'est curieux, ici on a toujours envie de parler des gens qui ont la chance d'y habiter, d'y avoir posé leurs valises, et parmi ceux-là, il y a l'artiste Jean-Jacques Gauthier.
  Il est quoi au juste le "JJ" comme le surnomment affectueusement ses voisins ?
  Sculpteur, aquarelliste, peintre, ami, bougon, gentil, jardinier, particularité du village?
  Allez savoir...
  Une chose est certaine, il vaut mieux sonner à la grille de son atelier pour y entrer. Vous y serez alors accueilli avec un sourire et une gentillesse parfaitement désarmante, c'est une de ses bottes secrètes. Sinon cela ressemblerait plutôt à "Kess' tu fous là toi…" avec la gouaille traînante des titis parisiens, d'où il est originaire et voilà une autre des nombreuses surprises qui vous attendent au pied de l'église de Saint Cirq Lapopie, celle qui a la plus haute nef de France.

  Né en 1949 dans un lieu prémonitoire au pied de la butte Montmartre, son père est bûcheron, scieur, affûteur, un "Homme du bois", comme JJ aime le nommer, confirmant ainsi s'il en était besoin que son amour du bois vient de là.

Jacques Gauthier père dans les années '50

  Enfance vagabonde, au gré des nombreux déménagements de scieries en menuiseries, passée à la campagne, dans les champs et les forêts qui entourent encore le doux Paris de l'époque.
  Quelques temps d'études qui furent, selon son expression, "normales", mais on peut sourire c'est ce qu'il attend de vous. Il fut nettement plus passionné par les quatre années qui suivirent: élève de la célèbre École Boulle, il suivit la formation d'ébéniste.
  En 1968 il entra, comme beaucoup, dans la vie active. Mais découvrant vite que le travail n'était pas une passion, il prit sa guitare, ouvrit les yeux, chercha, admira et finit par entrer dans une banque... qu'il ne dévalisera pas! C'est à cette époque que lui prit l'envie de dessiner, peindre, de manipuler le crayon, de faire connaissance avec le papier, les cartons, la toile, la sanguine, l'huile et d'un déclic découvrir l'eau, les pastilles et la douceur de l'aquarelle.
  Il reprend alors la route et découvre la France et ses provinces, sa nature et son calme, le Lot et pour la première fois Saint Cirq Lapopie.
  De retour à Paris il revient sous la butte de son enfance et, cela ne s'invente pas, habite dans la même rue qu'André Breton, rue Fontaine!
  1998, installation définitive à Saint Cirq Lapopie et occupation de l'une des maisons toutes proches de celle du même André Breton… Il trouve refuge donc, au pied de l'église, dans l'ancien presbytère, puis poste du village, longtemps habité par un couple authentiquement bizarre: le timide facteur tout droit sorti d'un film de Jacques Tati et sa bougonne de mère. JJ nomme cette maison "Poste ancienne" et ce sera sa résidence, son atelier, sa galerie, son antre ou tant d'autres lieux de ses rêves. Rien n'y semble rangé et pourtant tout est à sa place.

  Depuis l'église qui surplombe cet univers le spectacle est grandiose. La plus belle partie du village s'étale sous vos yeux et c'est là que s'active ce personnage bizarre, moustaches épaisses et cheveux longs, couvert de sciure et autres copeaux, peignant de douces aquarelles, toiles inspirées par sa compagne au caractère de feux, ou sculptant, polissant ses bois de toutes essences selon la récolte, troncs, branches, racines qui tous reprendront vie grâce à ses mains passionnées. Dans son atelier - si vous avez sonné comme il le demande très gentiment car il n'est pas de ceux qui annoncent "chien méchant" - vous voyagerez avec lui dans des rêves qu'il tente de fixer pour nous.

  Je vous affirme qu'il est merveilleux de voir ses yeux pétiller de bonheur quand, du haut du muret de son potager, il vous offre une belle tomate coeur de boeuf. Cela vient d'un homme de coeur. Mais s'il y a deux choses que vous ne devez pas faire, jamais, c'est le prendre en photo ou lui cueillir, c'est à dire lui piquer, une de ses si jolies fleurs sous peine de vous exposer à quelques bons jurons et remontrances menaçantes bien placés.

Jacques Boivin